Dans les contextes de crise humanitaire, la priorité est souvent mise sur l’eau, la nourriture ou l’abri. Pourtant, un besoin fondamental est trop souvent relégué au second plan : l’assainissement, et plus précisément l’entretien des latrines.
Dans les sites de personnes déplacées internes (PDI) au Burkina Faso, comme ceux de Séguénéga, Titao ou Sollé, les conditions sanitaires sont souvent alarmantes. Les latrines partagées sont peu nombreuses, mal entretenues, et trop éloignées des zones d’habitation. Cette réalité expose les femmes, les enfants et les personnes âgées à de graves risques sanitaires, psychologiques et sécuritaires.
Latrines insalubres : quand le manque d’entretien devient une menace
Des latrines sales ou à ciel ouvert ne sont pas seulement inconfortables. Elles sont aussi des vecteurs de maladies graves comme :
- le choléra,
- les hépatites,
- les infections urinaires,
- les maladies parasitaires.
Lorsqu’elles ne sont pas nettoyées régulièrement, les latrines deviennent impraticables. Certaines femmes préfèrent alors se retenir toute la journée ou aller à l’écart la nuit — ce qui augmente le risque d’agression ou d’infection. Pour les filles, cela signifie parfois manquer l’école pendant leurs règles, faute d’intimité ou de propreté.
Une dignité menacée
Le manque d’hygiène autour des latrines porte aussi atteinte à la dignité des personnes déplacées. Comment se sentir respectée ou digne quand les seuls sanitaires accessibles sont sales, nauséabonds ou infestés de mouches ?
« Nous vivons ici depuis plus d’un an. Personne ne vient nettoyer les latrines. Parfois, nous avons honte d’y aller devant nos enfants. On ne peut pas rester propre dans ces conditions », témoigne Mariam, déplacée sur le site de Guibou (Séguénéga).
L’assainissement communautaire : une solution portée par Women and WASH
Face à cette situation, Women and WASH a fait de l’entretien des latrines et l’assainissement communautaire un axe central de ses interventions. À l’occasion de la Journée mondiale des toilettes, l’Association a animé des séances de nettoyage collectif dans plusieurs sites de déplacés internes, avec la participation active des communautés elles-mêmes.
Les actions incluent :
- la distribution de matériel de nettoyage (bottes, gants, seaux, balais, détergents),
- la sensibilisation à l’hygiène autour des latrines,
- la formation de volontaires locaux pour assurer un suivi régulier.
Cette approche est basée sur une conviction forte : quand les communautés sont équipées et responsabilisées, elles deviennent actrices du changement.
Pourquoi entretenir les latrines change tout
Des latrines propres améliorent :
- la santé globale dans les camps (moins de maladies diarrhéiques et de contamination croisée),
- la fréquentation scolaire des filles (grâce à des conditions d’hygiène acceptables),
- la sécurité des femmes, en limitant les déplacements nocturnes isolés,
- le sentiment de dignité et de bien-être des familles déplacées.
C’est aussi une action à faible coût et à fort impact, surtout lorsqu’elle est mise en œuvre localement et avec l’appui des femmes de la communauté.
Aller plus loin : impliquer les femmes, intégrer les kits de salubrité
Women and WASH promeut aussi la dotation en kits de salubrité adaptés : savon, seaux avec couvercle, bouilloires, désinfectants, chiffons, etc. Ces petits équipements permettent aux familles d’assurer un minimum d’hygiène dans les latrines et dans leur espace de vie.
L’Association travaille également à former des femmes déplacées à la fabrication de savon et de produits de nettoyage artisanaux, pour allier hygiène et insertion économique.
Conclusion : des toilettes propres, un droit fondamental
Dans les camps, des toilettes propres ne devraient pas être un luxe. Elles sont essentielles pour préserver la santé, protéger la dignité et garantir la sécurité des femmes et des enfants. Women and WASH s’engage à faire de l’entretien des latrines une priorité humanitaire, avec et pour les communautés.
Ensemble, donnons aux femmes les moyens de créer des espaces propres, sûrs et dignes, même en situation de déplacement.





