Journée mondiale du poumon : et si on parlait aussi de la pollution plastique ?

Journée mondiale du poumon : et si on parlait aussi de la pollution plastique ?

Chaque année, le 25 septembre, la Journée mondiale du poumon nous rappelle l’importance de protéger notre système respiratoire, en particulier dans les contextes où les maladies pulmonaires constituent une menace silencieuse mais constante. Mais au-delà du tabac ou des infections, un facteur reste encore trop souvent ignoré : la pollution plastique.

Et si nous élargissions la conversation ?

Respiration et environnement : un lien direct

Nous respirons plus de 20 000 fois par jour. Et ce que nous respirons ne dépend pas que de notre hygiène de vie : l’air que nous partageons est un bien commun. Or dans de nombreuses villes et villages du Burkina Faso, cet air est pollué par des déchets qui brûlent à ciel ouvert, notamment les sachets plastiques jetés dans les rues, les caniveaux, ou les terrains vagues.

Ces plastiques, souvent composés de dérivés pétrochimiques, dégagent lors de leur combustion une multitude de composés toxiques : dioxines, furanes, particules fines… Ces substances pénètrent profondément dans les voies respiratoires, aggravant l’asthme, les bronchites chroniques, et d’autres pathologies pulmonaires.

La pollution plastique, un danger invisible Photo de la combustion de dechets plastiques

Les déchets plastiques sont partout. Légers, résistants, ils se dégradent lentement et finissent souvent brûlés ou enterrés de manière anarchique. Mais au-delà de l’aspect visuel de la pollution, c’est leur impact sur la santé humaine qui inquiète de plus en plus les experts.

Dans plusieurs zones du pays, en particulier dans les camps de déplacés et les quartiers précaires, les déchets s’accumulent faute de systèmes de collecte ou de traitement. Et pour s’en débarrasser, beaucoup n’ont d’autre choix que de les brûler. Cette pratique, si banale, a pourtant des conséquences majeures : les femmes, les enfants, les personnes âgées sont les premières victimes de cette pollution invisible.

La santé des femmes et des enfants, en première ligne

Chez Women and WASH, nous travaillons directement avec des femmes déplacées et vulnérables. Beaucoup nous confient souffrir régulièrement de toux, d’essoufflement, de douleurs thoraciques. Bien souvent, elles n’associent pas leurs symptômes à la fumée des plastiques brûlés, ni à la qualité de l’air dans leurs lieux de vie.

Et pourtant, l’impact est bien réel.

Les enfants, dont les poumons sont encore en développement, sont particulièrement exposés. La pollution de l’air intérieur et extérieur contribue à une augmentation des cas d’asthme, d’infections respiratoires aiguës, et même à des troubles du développement.

Recycler pour mieux respirer

C’est à partir de ce constat que Women and WASH a choisi d’agir. En accompagnant des femmes à transformer les sachets plastiques en objets utiles et vendables, nous voulons réduire leur exposition à la pollution, tout en leur offrant une opportunité économique.

Recycler, c’est bien plus que trier :

  • c’est ne pas brûler ce qui peut être valorisé,
  • c’est réduire la masse de déchets dans les rues,
  • c’est créer de nouveaux circuits économiques circulaires,
  • et c’est améliorer concrètement la santé respiratoire des populations.

Et si la santé respiratoire commençait dans nos rues ?

La Journée mondiale du poumon est souvent centrée sur les maladies, les traitements, les gestes de prévention individuels. C’est utile, mais incomplet. Il est temps de relier cette journée à la santé environnementale, en particulier dans les contextes où l’infrastructure sanitaire et écologique fait défaut.

Nous pensons que la lutte pour des poumons en bonne santé passe aussi par :

  • des quartiers propres,
  • des déchets mieux gérés,
  • des alternatives à la combustion des plastiques,
  • et des femmes formées et actrices du changement.

Une mobilisation qui commence dès maintenant

À Women and WASH, nous ne voulons pas attendre le 25 septembre pour agir. Chaque jour, nous préparons des initiatives qui articulent santé, environnement et autonomisation des femmes.

Ce lien entre pollution plastique et maladies respiratoires doit être mieux compris, mieux documenté, et surtout mieux combattu à la racine. Et pour cela, il faut du terrain, de l’action, et des femmes engagées.

Conclusion : des poumons, des femmes, un environnement à protéger

Parler de santé respiratoire, c’est aussi parler de notre environnement immédiat. Et au Burkina Faso, cela veut dire affronter la pollution plastique, non seulement comme un enjeu écologique, mais comme un problème de santé publique.

Chez Women and WASH, nous faisons le pari qu’en donnant aux femmes les moyens de transformer les déchets, nous protégeons aussi leurs poumons – et ceux de leurs enfants. Un air plus sain commence par une rue plus propre, un quartier plus informé, et une femme mieux outillée.

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