Pourquoi l’accès à l’eau change la vie des femmes déplacées
Un besoin vital, un combat quotidien
Au Burkina Faso, plus de 2 millions de personnes ont été contraintes de fuir leur foyer à cause de la crise sécuritaire. La majorité d’entre elles sont des femmes et des enfants. Dans les camps et sites de déplacés, l’accès à l’eau potable reste un défi majeur. Or, sans eau, aucune vie digne n’est possible.
Chaque jour, des milliers de femmes déplacées marchent de longues distances, parfois plus de 6 km, pour accéder à un point d’eau. Cette corvée, épuisante et chronophage, les expose à des risques d’agression, les empêche de travailler ou de s’occuper pleinement de leurs enfants. Pourtant, des solutions existent.
Libérer du temps, restaurer la dignité
Quand un forage, une borne fontaine ou un système de distribution d’eau est mis en place à proximité des habitations, c’est toute l’organisation familiale qui se transforme. Les femmes passent moins de temps à chercher de l’eau, ce qui leur permet de :
- préparer les repas plus tôt,
- maintenir une meilleure hygiène pour leurs enfants,
- se reposer,
- participer à des activités économiques ou communautaires.
L’eau devient aussi un vecteur de dignité. Elle permet de se laver, de nettoyer les vêtements, de prendre soin de soi. Dans des contextes de précarité extrême, cela joue un rôle fondamental pour l’estime de soi et le bien-être psychologique.
Témoignage : Awa, mère de trois enfants
« Je pars chercher l’eau à 5h du matin. Je reviens à 9h ou 10h. Parfois, on se bat pour passer. Je laisse mes enfants seuls. Quand on a eu le robinet installé près de chez nous, j’ai commencé à vendre du savon que je fabrique avec une amie. C’est comme si j’avais retrouvé ma place. »
Santé, hygiène et prévention
L’eau potable est essentielle pour prévenir les maladies hydriques comme la diarrhée, le choléra ou les infections de la peau. Lorsque l’accès à l’eau est facilité, les familles peuvent :
- mieux laver les ustensiles de cuisine,
- se laver les mains après les toilettes,
- nettoyer les blessures mineures,
- assurer l’hygiène menstruelle des femmes et jeunes filles.
Cela réduit significativement les risques sanitaires dans les camps surpeuplés, et limite la pression sur les structures de santé déjà fragiles.
Un levier pour l’autonomisation économique
Chez Women and WASH, nous travaillons avec des femmes déplacées et hôtes sur des projets qui allient accès à l’eau, hygiène et insertion économique. Plusieurs d’entre elles ont été formées à des activités telles que :
- la fabrication de savon,
- la transformation de produits locaux,
- le recyclage de déchets plastiques.
Ces initiatives ne peuvent fonctionner que si l’eau est disponible, en quantité suffisante et à proximité. En ce sens, l’accès à l’eau n’est pas seulement un droit : c’est aussi un catalyseur d’autonomisation.
Quelques chiffres clés (Cluster WASH, 2024)
- 2,8 millions de personnes ont besoin d’une aide WASH au Burkina Faso.
- Dans 40 % des sites de déplacés, l’accès à l’eau potable reste critique.
- Les femmes représentent plus de 60 % des usagers des points d’eau communautaires.
- Une meilleure disponibilité de l’eau permet de réduire de 50 % les cas de maladies diarrhéiques chez les enfants.
Ce que nous défendons
L’accès à l’eau n’est pas un luxe. C’est un droit fondamental, une condition de survie, mais aussi un levier d’égalité. Pour les femmes déplacées internes, c’est la clé d’un avenir plus sûr, plus digne, plus autonome.
Chez Women and WASH, nous plaidons pour des solutions WASH durables, centrées sur les besoins spécifiques des femmes. Chaque forage, chaque robinet installé, chaque goutte d’eau disponible est une victoire silencieuse pour des milliers de familles.





